Mes livres

samedi 1 août 2015

Susan Harris nous parle de son roman.

J'ai pensé ajouter une nouvelle catégorie à mon blogue: mes invités. J'inviterai donc, à l'occasion, quelques personnes à écrire un texte et à l'ajouter sur cette page. Aujourd'hui, Susan Harris nous parle de la genèse de son roman. Bien qu'il ne soit pas traduit en français, il est toujours intéressant de voir le processus créateur d'un écrivain. 

Comment j’en suis venue à écrire ce roman – Death Lost Dominion?
Susan Adair Harris   
On me demande souvent si ce sont des circonstances dramatiques dans ma vie qui m’ont incitée à écrire ce roman, Death Lost Dominion, (disponible chez Amazon.com, imprimé et numérique). J’ignore si mon expérience peut vous être utile mais la voici.
Ce roman n’est pas le premier que j’aie créé, mais c’est le premier dans lequel je me suis donné la permission d’écrire au fil de la plume, sans aucune censure et bien loin des convenances. (Par la suite, j’ai retravaillé mon texte.)
Quand j’ai entrepris l’écriture de mon manuscrit, je me croyais à l’abri de toute influence mais lorsque j’ai plongé au plus profond de moi-même, et c’est à partir de cet espace que le roman a émergé, j’ai dû reconnaître que certains créateurs avaient laissé leurs traces en moi et m’avaient inspirée.
Mon inspiration provient de trois sources différentes. La première, Imagining Argentina, réalisé par Christopher Hampton, avec Emma Thompson et Antonio Banderas. Le film se déroule dans l’Argentine des années 70 et se concentre sur les disparitions qui camouflaient l’assassinat et la torture dont ont été victimes ceux qu’on soupçonnait de s’opposer au gouvernement militaire en place.
À cette époque, j’en étais au tout début de ma carrière d’enseignante et de mon mariage et j’avais à peine jeté un coup d’œil sur les reportages qui passaient à la télévision américaine. Lorsque mon mari et moi avons loué le DVD sur NetFlix, récemment, j’ai été stupéfaite de constater à quel point j’étais ignorante des atrocités présentées dans le film. J’ai utilisé cela comme toile de fond pour mon roman, bien que la plus grande partie de l’histoire prenne place aux États-Unis et n’ait rien à voir avec la politique argentine.
La deuxième influence majeure: la lecture de Far from the tree, d’Andrew Solomon. Ce dernier se penche sur le thème des identités horizontales, lesquelles risquent d’entraîner une rupture entre un individu et sa famille d’origine. Par exemple, si un enfant, à la naissance, est homosexuel, aveugle, sourd, autistique, ou handicapé de quelque autre manière, il est possible qu’il s’identifie à des gens qui partagent cette même réalité et délaisse sa propre famille, surtout si les autres membres ne sont pas comme lui.
Chaque chapitre dans le livre était une fenêtre sur un monde que je connaissais très peu, voire pas du tout. La personne qui m’a le plus hantée en cours d’écriture était l’une des victimes de viol (cette femme et les enfants nés de ce viol). Je connais moi-même plusieurs victimes de viol et je suis consciente des dommages à long terme que le corps et l’âme de ces femmes (ou de ces hommes ou de ces enfants) peuvent subir. Cette tragédie m’a toujours bouleversée et  profondément attristée.
La troisième influence provient de plusieurs événements importants survenus dans ma vie ainsi que des histoires personnelles qu’ont vécues des gens de mon entourage – mort, perte, stress post-traumatique, désillusion et amour inconditionnel.
C’est ainsi qu’est né un roman qui met l’accent sur la façon dont des gens ordinaires s’élèvent au-dessus des expériences traumatisantes qu’ils ont vécues, et parviennent à trouver la force et le courage de survivre. Ceux qui ont lu mon roman ont été touchés par sa puissance. Je ne pouvais demander plus.
http://personaljourneyswithgramma.com/