Mes livres

samedi 9 septembre 2017

Un poème dans le calendrier de Redbubble

Tu es celle qui  ouvre des chemins
dessine des pistes
égrène des mots d’amour
sur son passage

tu retrouves les enfants perdus


You are the one who opens up roads
explores new avenues
sprinkles words of love
along the way

you find the lost children

Texte: Denise Nadeau
Photo: Alyson Wolens Slutzky
Traduction du français à l'anglais: Colin R. Brady
Réalisation: Anna Asche
Calendrier : Redbubble
https://www.redbubble.com/fr/people/goddess-inc/calendars/23582271-light-musings?c=436129-calendars-2017&p=calendar&ref=work_collections_grid







lundi 4 septembre 2017

Les mots teignes

Ils déteignent sur l’âme et éteignent leur destinataire.
Les mots teignes sont des étiquettes, négatives la plupart du temps, qu’on lance sur quelqu’un et qui restent collées à la peau. J’en ai eu ma part et encore aujourd’hui, j’essaie de m’en débarrasser car certaines d’entre elles risquent d’entraver ma route. Je n’en ferai pas la liste, ce serait répéter une fois de plus ces «mauvais» mots qui laissent des accrocs dans l’estime de soi et ruinent la confiance.
Si on dit à un enfant qu’il est paresseux, il est bien possible qu’il finisse par le croire et agisse conformément à l’étiquette qu’on a posée sur son comportement. Un autre à qui on répète constamment qu’il a fait une erreur pourrait finir par croire qu’il est lui-même une erreur. Sans tomber dans le piège inverse qui serait de verser dans la complaisance et de louanger ces petits à chaque pas qu’ils font, je pense qu’il est possible d’être vrai tout en évitant que nos projections rebondissent sur nos proches.
Et heureusement, il existe un antidote aux mots teignes. Il s’agit de leur retirer leur charge émotive, de les remettre en question.
Se rappeler que ces étiquettes, qui contiennent parfois quelque vérité, sont liées à une situation précise. Elles ne définissent en rien notre identité.
Trouver la force, la qualité qui se dissimule sous l’étiquette. Faire d’une critique reçue un compliment. Celui qu’on traite d’égoïste s’occupe de ses affaires, il est responsable de lui-même et ne sera pas un fardeau pour son entourage. Celle dont on dit qu’elle est une Germaine a du leadership, une autorité naturelle qui lui permettra d’enseigner, de diriger, de démarrer de beaux projets et même sa propre entreprise. Qui sait si ce «vêtement» dont on l’affuble n’est pas celui dont il/elle aura besoin plus tard pour gérer sa classe, son équipe ou son entreprise.
Se souvenir aussi que cette critique se trouve peut-être dans l’œil de celui/celle qui regarde et ne concerne en rien notre propre valeur. Quand j’étais petite, on disait : celui qui le dit, c’est celui qui l’est.

Teigne : un insecte, une dermatose, (mite), une personne méchante, hargneuse.
Au Québec, (familier) personne importune et tenace dont on n’arrive pas à se débarrasser.



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    Denise Nadeau       

mercredi 12 juillet 2017

Après une perte, faire pousser de la vie !

Après le décès de mon frère, il y a deux ans, j’ai fait un rêve qui m’a offert une piste à suivre pour traverser mon deuil : Une jeune maman me suggère d’écrire un livre pour les enfants.
Bien sûr, dans un premier temps, j’ai dû accueillir les émotions qui se sont invitées dans le décor.
Puis, j’ai repensé à mon rêve et à ce qui m’en est resté : faire pousser de la vie. Pour métaboliser les pertes ! Les grandes, comme celle de mon frère, et les petites, alimentées par le quotidien : déceptions, chagrins, contrariétés, égratignures. J’ai inventé une histoire pour les petits. Parce que là se trouvent mes forces vives.
Il y a bien d’autres possibilités, selon les aptitudes de chacun. Un acte créateur, que ce soit un tricot, une sculpture, une maison, un jardin, un gâteau, un voyage, une photo, est une façon de faire pousser de la vie, de poser sa pierre dans l’édifice du monde.
La vie qui a jailli après la mort de mon frère est devenue Les Flocons en mission, un album pour les enfants. Un livre bio qui a poussé dans un jardin sans pesticides.




© Denise Nadeau
Tous droits réservés

lundi 19 juin 2017

Un peu de typographie

Lors de la publication de mon recueil de nouvelles, Fenêtres, à titre d’éditrice, je me suis familiarisée avec la typographie et son vocabulaire. Je ne soupçonnais pas qu’il y avait autant de règles à respecter. Ainsi, avant et après chaque signe de ponctuation, on doit laisser zéro ou une espace et pas n’importe laquelle. Oui, j’ai bien dit une espace. Alors que le mot espace est masculin dans la langue courante, j’ai découvert qu’il est féminin en typographie et qu’il se décline en plusieurs versions.
Il y a l’espace sécable (normale), qui apparaît lorsqu’on appuie sur la barre d’espacement. L’espace insécable, (une espace liante, qui évite de séparer deux mots ou deux signes. L’espace fine (réduite).J’ai dû la chercher longtemps cette espace et pour cause, elle n’est pas souvent disponible dans les logiciels de traitement de texte. Cette espace est égale au quart du cadratin.
Le cadratin, parlons-en de celui-là. Je ne connaissais même pas son existence. Le tiret cadratin ou tiret long, est utilisé dans un dialogue lors d’un changement d’interlocuteur.
— Où est-il ?
— Je l’ai finalement trouvé dans la liste des symboles sur Word.
Il y a de quoi en perdre son latin et cette quête du juste espacement se révèle fastidieuse. Je préfère de beaucoup m’abonner aux effluves printaniers des lilas et des pivoines (le mot effluve est masculin, je pensais qu’il était féminin) qu’aux dédales de la typographie et de la ponctuation.
Ma mère disait : Chacun son métier et les vaches seront bien gardées. Elle avait bien raison. J’ai finalement remis tous ces détails entre les mains d’un infographiste. Je me sens beaucoup mieux maintenant.
Pour aller plus loin :
Le Ramat de la typographie, Aurel Ramat et Anne-Marie Benoit
Le français au bureau, Noëlle Guilloton et Hélène Cajolet-Laganière, Québec Amérique
Office québécois de la langue française (Publications du Québec).
Site Internet de l’Office québécois de la langue française.
Le Multidictionnaire de la langue française, Marie-Éva de Villiers, Québec Amérique.

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      Denise Nadeau

mercredi 31 mai 2017

C'est dans le mois de mai

Avec tous ces arbres en fleurs, le mois de mai est magnifique. Pour le célébrer, et avant qu’il finisse, je chante un vieux folklore français que vous connaissez sûrement. J’en ai enregistré (mp3) quelques couplets a cappella. (1 min.20)
C’est dans le mois de mai, en montant la rivière, que les filles sont belles
Et que tous les amants, en montant la rivière, y changent leur maîtresse
Mais moi, je ne changerai pas car la mienne est trop belle
Et qu’il me serait doux de dormir avec elle

J’ai découvert une version plus moderne : tous les amants chantent leur maîtresse et ils vont vivre avec elle.
video

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Denise Nadeau

vendredi 7 avril 2017

Mon petit dernier

Mon petit dernier : un recueil de quinze nouvelles: Fenêtres
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La page couverture, l’illustration et la 4e  de couverture sont l’œuvre de Bénédicte Delachanal. Le recueil est disponible sur commande à l’adresse suivante https://boutique.bouquinbec.ca/fenetres.html



jeudi 5 janvier 2017

Bonne année!

Je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne année 2017.  

J'ajoute à mes souhaits un extrait d'un opéra de Verdi (La Forza del Destino): La Vergine degli Angeli (La Vierge des Anges ou Notre-Dame des anges). La soprano, Rai Fausta Truffa, serait âgée de 85 ans. Chose certaine, elle a une voix magnifique. 3 min 35.




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     Denise Nadeau

samedi 3 décembre 2016

Hâtez-vous lentement! Hasten slowly! Festina tarde!

Hâtez-vous lentement! Je connaissais cette formule que je trouvais d’ailleurs étrange et contradictoire (avec raison puisque c’est un oxymore*), mais j’en ignorais l’origine. Tout à fait par hasard, en faisant des recherches en vue de la publication de mon recueil de nouvelles, j’ai découvert que cet adage est attribué à Boileau, dans son Art poétique, mais qu’il existait déjà dans l’Antiquité.

Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez;
Ajoutez quelquefois et souvent effacez.*

J’avais pris contact avec Se hâter lentement, Festina Tarde en italien, dans Sous le soleil de Toscane, de Frances Mayes. C’est le titre d’un chapitre dans lequel l’auteure raconte les péripéties qui ont entouré la restauration de sa maison en Toscane. Son récit soulignait les pépins et les retards qui ont jalonné la réalisation de son projet et m’avait bien fait comprendre le sens de cette maxime.
Depuis que j’ai retrouvé ces quelques lignes de Boileau, je les répète souvent car la publication de mon recueil n’avance pas aussi vite que je le souhaiterais et comporte sa part de délais et d’imprévus. Ainsi va l’écriture! Je polis et repolis mon texte, ajoute quelques mots, en efface un grand nombre... Et ainsi va la création! Elle a son lot de surprises et sa route est loin d’être une ligne droite dépourvue d’obstacles.
Cependant, c’est là le chemin que j’ai choisi et que je suis heureuse de parcourir. L’Art poétique de monsieur Boileau arrive à point aujourd’hui. J’avais appris par cœur à une certaine époque Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement /Et les mots pour le dire arrivent aisément et .Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage mais la première ligne m’avait échappée. J’ajouterai désormais Hâtez-vous lentement et sans perdre courage...
Et ce sera ma devise tant que je n’aurai pas terminé ce travail et peut-être pour plus longtemps encore.
 © Tous droits réservés
Denise Nadeau

                     
       
*Nicolas Boileau, Art poétique (Chant 1)
*Frances Mayes, Sous le soleil de Toscane, Folio, p. 155
*L’oxymore est une figure de style qui consiste à unir dans un même groupe de mots dans le sens est apparemment contradictoire. (Office québécois de la langue française)


vendredi 14 octobre 2016

Mots d'enfants

Dans notre voiture, qui a 7 ans, avec petit-fils. Il est assis en arrière.
Lui : Comment on ouvre la fenêtre ?
Moi : Tourne la manivelle.
Lui : Quelle manivelle ?

Moi :Celle qui est près de la poignée.
Lui :Ah! C’est une auto de l’ancien temps.
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Fiston a deux ans et quatre mois.
Moi :
-          Regarde, il n’y a plus de feuilles dans les arbres. C’est l’hiver. Au printemps, il va y en avoir de nouvelles.
Lui :
-          Oui, c’est papa qui va mettre les feuilles.
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Devant une magnifique tapisserie de Micheline Beauchemin, (à la télévision),
Fiston s’exclame :
-          C’est du camping.
Cette gigantesque tapisserie avait vaguement la forme d’une tente. Au même moment, on entend un concerto d’Albinoni :
-          C’est de la musique à bouche, dit-il.
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Plusieurs fois, quand il est allé à la patinoire avec son père, Fiston a vu le responsable qui arrosait. Un beau jour où il fait très doux et que la glace a fondu, il dit :
-          Oh ! Le monsieur a mis beaucoup d’eau.
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Fiston premier a mis beaucoup de pâte dentifrice sur les cheveux de Fiston second et il lui a brossé les cheveux avec sa brosse à dents.
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Fiston :
-          Bonne fête des mères maman ! Tu n’as pas assez d’oreilles pour tous les Je t’aime.
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Fiston :
-          Ça me fait de la peine quand les objets sortent de la maison. Les objets et les vêtements pleurent eux aussi.
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Fiston :
-          Ce soir, c’est du poisson. Alors moi, je suis végétarien.

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mardi 2 août 2016

Premier roman

Illustration: Hélène Beauchesne
Sur le point de déménager, entre deux boîtes, j’ai retrouvé mon premier roman (ou presque): Des fleurs dans les rochers. Balbutiements dans l’écriture fictive. Encouragée par des amis, Monique Rheault entre autres, j’avais participé à un concours organisé par la section des bibliothèques scolaires de L’ACBLF. Hélène Beauchesne avait fait les illustrations, Jean Isabelle les photos. Louise Allain avait accepté de relire le manuscrit avec moi afin que je puisse le retravailler.
Jean m’avait prêté la chambrette qu’il louait sur la rue Laviolette puisqu’il allait chez ses parents pendant les vacances de Pâques. Je m’y étais retirée pendant sept jours et dans la plus complète solitude, j’avais composé ce texte, très onirique, que je n’ai jamais eu le courage de relire. Pas d’ordinateur à cette époque. J’avais écrit le premier jet à la main, je suppose, et l’avais dactylographié par la suite sur une Remington.
J’ai gagné une mention, je ne sais trop pourquoi, car il me semble bien que je ne répondais pas du tout aux critères du concours. Qu’importe ! J’étais tellement heureuse, et d’avoir mené ce projet à bon port et de recevoir cette mention. J’ai revêtu ma robe écrue, avec ses larges manches bouffantes et je suis venue à Montréal pour assister à la remise des prix. J’en ai rapporté une pile de livres dont un exemplaire de Menaud, maître-draveur.
Je retiens de cette expérience, outre la création elle-même et la joie qu’elle m’a procurée, les nombreux encouragements et le soutien de mes amis. On en a tellement besoin, du moins, moi j’en avais besoin, encore maintenant d’ailleurs. C’est ce qui fait la différence, je crois, entre tout arrêter ou continuer.

Merci mes chers amis dont plusieurs sont encore dans ma vie, même de loin. Et si j’ai oublié quelqu’un, qu’il ou elle se nomme. Je m’empresserai de remettre son nom sur la liste.
© Tous droits réservés
     Denise Nadeau

samedi 25 juin 2016

La Seranata

Ma mère, décédée il y a de nombreuses années, avait une très belle voix. J’ai encore ici, chez moi, des partitions musicales qui lui appartenaient et de vieilles cassettes sur lesquelles elle s’était enregistrée.
Comme nous allons déménager sous peu, j’ai commencé à faire un tri dans tout ce que j’ai. J’ai regroupé sur un CD des pièces qu’elle chantait et affectionnait et qu’elle avait enregistrées sur des cassettes. Puis, j’ai jeté un coup d’œil sur ses partitions musicales, j’en ai plusieurs. Je me proposais de me débarrasser d’un certain nombre d’entre elles, surtout celles qui me sont inconnues. Par exemple, La Seranata, La sérénade des anges, un feuillet jauni et écorné qui ne me dit absolument rien, que je ne me rappelle pas avoir entendu dans mon enfance.
Hier, à tout hasard, j’ai cherché cette pièce sur Youtube. Je voulais l’écouter, juste pour voir. À ma grande surprise, j’ai trouvé plusieurs interprétations, certaines vocales, d’autres seulement musicales. Je ne comprends pas les paroles, elles sont en italien, mais la musique est magnifique. J’ai retenu celle-ci avec la voix de Carla Schroyen.

Les pertes ne sont pas toujours des pertes. Il y a des roses qui s’y cachent longtemps après, qui laissent des traces dans leurs sillons. Ma mère m’a légué son amour de la musique, et encore aujourd’hui, je reçois les gains de ce bel héritage.
© Denise Nadeau 
Tous droits réservés

jeudi 19 mai 2016

Jusqu'où peut conduire un rêve nocturne?

À Pâques, lors d’une rencontre familiale, je me suis retrouvée, à un moment donné, assise avec quatre de mes belles-sœurs. Je ne sais plus comment nous en sommes arrivées à parler de nos rêves. L’une d’entre elles m’a demandé si j’écrivais encore les miens. Oui, bien sûr, je les note depuis de nombreuses années. Cette pratique a évolué avec le temps mais elle est toujours aussi importante. Mes belles-sœurs se sont montrées intéressées par le sujet et m’ont suggéré d’en faire l’objet d’un article dans mon blogue. Voici donc l’histoire d’un tout petit rêve qui aurait fort bien pu passer inaperçu mais qui a donné des résultats tout à fait inattendus.
Rêve. Mai 2012. J’étais avec quelques personnes, je ne sais trop qui, je ne sais trop où, et l’une de ces personnes me suggérait d’écrire un haïku plutôt qu’un texte suivi. Je répondais que c’était une bonne idée et qu’elle devrait plaire aux jeunes à qui le texte en question était destiné.
Mon deuxième roman-jeunesse, La fille des pour toujours, était sorti en mars. Il y avait donc des «jeunes» dans le décor, sans compter mes enfants auxquels le rêve faisait peut-être allusion.
Malgré ces pistes et bien que le soir même et les semaines suivantes j’aie écrit quelques haïkus, je n’ai pas vraiment donné suite à ce rêve. En fait, il est resté là, en suspens, noté dans mon journal, mais sans plus, jusqu’à ce que j’ouvre ma page Facebook fin novembre. Mon rêve m’est alors revenu en mémoire. J’ai commencé à composer d’autres haïkus que je publiais sur ma page auteure et que je partageais ensuite sur ma page personnelle. J’avais espoir d’attirer des jeunes sur cette dernière page qui était consacrée essentiellement à la promotion de mon roman-jeunesse.
Ça n’a pas marché du tout. Les jeunes n’étaient pas au rendez-vous. Par contre, j’ai vraiment pris plaisir à concocter ces haïkus. Je me sentais vivante, joyeuse, en les créant et je n’avais pas envie d’arrêter. J’ai donc continué à en fabriquer.
En 2013, j’en avais une grande quantité. Je les ai rassemblés et j’en ai fait un recueil que j’ai complété avec d’autres poèmes que j’avais déjà et que j’ai retravaillés. Puis j’ai décidé de donner une forme encore plus achevée à mon projet : je publierais moi-même ces haïkus. Le processus est en marche et ce recueil, issu du rêve que j’ai fait en 2012, devrait voir le jour cet été. J’ignore s’il plaira aux jeunes mais d’ores et déjà, il me plaît beaucoup à moi. J’en suis d’ailleurs venue à penser que les jeunes de mon rêve, c’était peut-être la jeune en moi, cette partie de moi qui a plein d’idées et se lance volontiers dans de nouveaux projets sans se soucier de son âge.

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