Mes livres

samedi 22 juin 2019

Un conte de fées


Lors d’une fête de famille, dimanche dernier, vers le milieu de l’après-midi, je me suis retirée des îlots de conversations des adultes. Je me suis assise à l’ombre, un peu plus loin, dans une chaise de jardin. Une petite fille (elle a six ans) s’est approchée de moi. On a décidé, elle et moi, d’écrire une histoire dans laquelle il y aurait une princesse, des licornes, des fées, des arcs-en-ciel et plus encore. J’ai noté tout ce qu’elle m’a dit sur un bloc-notes que sa grand-mère nous avait apporté entre-temps, je lui ai posé des questions et j’ai fait ma part dans ce conte, bien sûr.
J’avais remarqué, à l’heure du dîner, qu’elle avait un gros chagrin et qu’en larmes, elle était allée trouver son père pour le lui raconter. Je l’ai amenée à me parler de son chagrin. Elle savait très bien ce qui l’avait peinée et elle a trouvé le moyen de se consoler grâce à la princesse qui, après bien des péripéties, a trouvé le fin mot de l’histoire.
— La princesse a réfléchi, a-t-elle dit, et ce qui lui faisait de la peine, c’est pas grave.
Un vrai conte de fées. Quel beau moment, magique, j’ai vécu en compagnie de cette petite. Elle souriait, ses yeux pétillaient. Les miens aussi. À ma demande, elle a fait ensuite de beaux dessins avec des feutres, sur des feuilles de papier blanc. Tous les matériaux pour faire un livre.
 Les enfants sont tellement dans le moment présent qu’ils racontent aussi la tristesse des grandes personnes qui ne se rappellent même pas qu’elles ont encore en elles un vieux chagrin et qu’elles ont la clé pour se consoler et trouver la joie.






vendredi 3 mai 2019

Pleine conscience


J’expérimente (je suis en train d’apprendre) la méditation de pleine conscience. Je m’entraîne à concentrer mes pensées sur ce que je fais, au moment que je vis. Pas besoin de vous dire qu’elles courent dans toutes les directions et que dans les quelques minutes que je consacre à cet exercice, je dois les ramener souvent dans le droit chemin... Par exemple, en faisant la vaisselle un soir, je me concentrais sur les bulles de savon, le cliquetis des assiettes, l’eau qui ruisselait sur les ustensiles, et soudain, j’étais rendue sur Facebook... Oups ! J’avais perdu la pleine conscience… 
J’aurais voulu connaître cette pratique quand je courais d’un bord et l’autre, entre les enfants, les parents, le travail, l’écriture et que j’avais peine à reprendre ou même à trouver mon souffle. Je suis vraiment contente de m’entraîner à me centrer, à rester dans mon corps, là où il se trouve.
 Certaines activités vont aussi dans ce sens. Je prends des photos, par exemple, au cours de mes promenades quotidiennes et/ou je crée des haïkus. C’est ma façon de m’inscrire dans le moment présent, de m’y déposer, sans croire, l’espace d’un instant, qu’il y a plus important à faire. Je n’y arrive pas toujours, parfois je n’y pense même pas, parce que je cours trop ou parce que je me laisse emporter par toutes ces choses que je souhaite réaliser. Pourtant, si je porte attention à ce qui est là, sous mes yeux, autour de moi, je me sens tellement vivante, inspirée aussi.






lundi 22 avril 2019

Renouveau




Quoi de mieux que des crocus pour illustrer le renouveau?
Je vous souhaite un doux printemps!
En espérant que vous n'avez pas les pieds dans l'eau.




samedi 23 mars 2019

La lune, ma mère, l'auto et moi


C’est pendant que j’observais la lune à travers la vitre de l’auto que m’est venu ce souvenir de ma mère. La lune est un symbole maternel après tout. 


Elle est née au premier jour du printemps. Elle serait presque centenaire si elle était encore avec nous. Ma mère aimait beaucoup conduire la voiture familiale et même après avoir heurté une borne-fontaine au début de son apprentissage, elle ne s’en privait pas. Mon père l’a longtemps taquinée à ce sujet d’ailleurs...
Je me rappelle encore son air courroucé quand, quelques années avant son décès, un énorme panneau publicitaire était apparu dans la ville. Il y était affiché cet impératif : « Tasse-toi mon oncle. » Elle n’était plus jeune. Cette publicité l’avait insultée personnellement.
Quand je suis venue étudier à Montréal, croyant que je partageais son désir d’avoir une auto, elle m’en avait acheté une, usagée, vert pâle. Je ne sais plus quelle marque c’était, et je pense bien que je ne l’ai jamais su. Je suis allée chercher ma bagnole et je suis revenue dans la grande ville. Je l’ai gardée deux semaines. Une auto à Montréal, très peu pour moi. Je me débrouillais très bien en autobus et en métro, j’allais partout dans la ville, sans aucun problème. Une auto m’embarrassait. Il fallait la garer dans Côte-des-Neiges, ce n’était jamais le bon côté de la rue. Pire encore, c’était peut-être l’hiver.
Contrairement à ma mère, je n’ai jamais aimé conduire. Encore maintenant c’est le cas. Peut-être à cause de mon premier souvenir d’enfance. Mais ça, c’est une autre histoire.




vendredi 4 janvier 2019

Voeux


Sous le signe de l'arc-en-ciel


Il était tard le soir quand j’ai lu ce passage de L’univers veille sur vous, de Gabrielle Bernstein. «Demandez un signe si vous n’êtes pas certain d’une décision ou si vous voulez simplement savoir si vous êtes sur le bon chemin.» L’auteure ajoute de choisir la première chose qui nous vient à l’esprit.
Je me posais justement ces questions au sujet de l’un de mes manuscrits. J’ai donc demandé un signe. La première chose qui m’est venue à l’esprit : un arc-en-ciel. Je me suis dit que j’avais peu de chance d’en voir en plein hiver et j’ai pensé changer de signe mais finalement, je l’ai conservé.
Je suis allée me coucher mais je ne me suis pas endormie immédiatement. Je me suis levée et je suis allée dans mon bureau. J’y avais fait un peu de ménage dans la journée et j’avais décidé de jeter les brouillons d’anciens manuscrits. Sur mon bureau se trouvait ceux de La chanson de Laurianne, annotés par une auteure à qui j’avais demandé un parrainage littéraire. Je me suis mise à relire ces notes, intéressantes d’ailleurs, sur les grandes feuilles 8 ½ x 14 qu’elle m’avait retournées avec ses commentaires.
Soudain, sur l’une de ces pages, souligné au stylo vert, le mot arc-en-ciel. Il était répété à deux reprises quelque pages plus loin. Je ne me souvenais même pas qu’il en était question dans ce roman qui date de 2006.
C’était le premier signe.
Entre le 23 décembre et le 3 janvier, plusieurs autres sont apparus, tous de façon inattendue. Sur ma page Facebook, une amie a fait la promotion d’un livre publié par sa maison d’édition : De l’autre côté de l’arc-en-ciel, de Annie Dumont. Une autre a mis l’image d’un arc-en-ciel au-dessus d’un pont. Une autre encore a partagé la photo d’un arc-en-ciel qu’elle a capté très tôt le matin.
J’ai trouvé dans une boîte un petit arc-en-ciel en tissu pour coudre sur un vêtement. Je n’avais pas ouvert cette boîte depuis des lustres. J’y conservais des peignes, de vieilles boucles d’oreilles et autres petits objets pour mes petites-filles.
Le même jour, au piano, dans un cahier de mélodies faciles, je suis tombée sur Over the Rainbow et je l’ai chantée. 
Un arc-en-ciel sur des emballages de jouets pour les petits. 
Une feuille de papier bleu traversée par un arc-en-ciel, tenue par un aimant sur mon classeur. Je ne la voyais plus. Je la redécouvre.
Bien sûr, je les remarque tous ces arcs-en-ciel parce que je leur ai donné un  sens et que je leur accorde beaucoup d’attention. Mais quand même, ils se multiplient autour de moi. Chose certaine, ça me fait sourire, ça me fait rire et ça m’encourage. Et ça me dit : Continue à faire ton travail. Tu es sur le bon chemin.
Et c’est ce que je vais faire. Parce que le meilleur signe, le plus bel arc-en-ciel, c’est celui-ci : partager mon travail me rend heureuse. Que ce soit une photo, une chanson, un dessin, un haïku, un texte sur mon blogue, un roman, une nouvelle, oui, créer et partager ce que je crée me remplit de joie.

Gabrielle Bernstein, L’univers veille sur vous, Éditions Le Dauphin Blanc

© Denise Nadeau
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